« Le monde des hosties ! »
A chaque eucharistie, le prêtre a, posé devant lui à l’autel, un morceau de pain et du vin. Dans le cadre des 100 ans de l’Œuvre du Blé eucharistique, l’un des intervenants de la journée a fait une conférence intitulée « Le monde des hosties ». Dans son propos, il invitait les participants à faire une sorte de « retour en arrière » pour remonter de l’hostie à la semence. Dans ce processus, il rappelait toutes les personnes qui étaient partie prenante dans ce processus : le prêtre qui célèbre la messe, la communauté des carmélites qui confectionnent les hosties, le minotier qui a broyé les graines pour en faire de la farine, l’agriculteur qui a récolté les épis après avoir semé la graine. Dans ce processus, différentes machines sont intervenues mais également tout un savoir-faire est nécessaire. Il y a également des conditions contingentes sur lesquelles l’homme a peu, voire pas de prise (conditions météorologiques, hygrométrie...). Dans tout ce processus, il y a de l’humain et du divin, de la fraternité et de la coordination, le travail de l’homme et le service de la Création... Dans l’hostie consacrée à l’autel, c’est le « fruit de la terre et du travail des hommes » qui est présenté à Dieu.
Au cœur du mois de juin, l’Église célèbre la fête du Corps et du Sang du Christ. Nous participons peut-être régulièrement ou plus épisodiquement à la messe. Comment vivons-nous ce temps où, à l’issue de la procession des offrandes, le prêtre présente l’hostie à l’autel ? Avons-nous conscience qu’à travers ce pain, dans le ministère du prêtre, c’est notre vie et celle de notre société que nous présentons à Dieu ? C’est bien toute cette densité humaine présente dans le pain que le Christ investit en en faisant son Corps par l’envoi de l’Esprit-Saint. A la faveur de la fête du Corps et du Sang du Christ, puissions-nous revisiter notre rapport à l’eucharistie. Qu’elle soit l’occasion de rendre grâce au Seigneur pour le don qu’Il nous fait de Lui-même, que l’accueil de ce don fasse de notre vie une vivante offrande de nous-même pour sa plus grande gloire.
Abbé Alexandre GÉRAULT
Recteur de la Cathédrale